Les nanoparticules au service de la thérapie génique

Innovation

Les nanoparticules au service de la thérapie génique

7 mai 2019 /// 2 MIN DE LECTURE

En intégrant des nanoparticules magnétiques dans des cellules traitées par thérapie génique, des chercheurs britanniques ont réussi à les diriger vers une tumeur. L'efficacité de ce traitement, qui doit encore être mis au point, s'en trouve considérablement accrue.

Claire Lewis et Munitta Muthana, chercheuses à l'université de Sheffield, ont eu, avec leurs collègues, une idée géniale. Comme elles l'expliquent dans la revue *Gene Therapy*, elles ont injecté des nanoparticules magnétiques dans des monocytes. Cela peut paraître surprenant, mais ces particules sont présentes dans certaines bactéries et sont parfaitement bien tolérées par ces organismes vivants.

Source :https://www.nature.com/articles/gt200857

Il y a vingt ans, la thérapie génique suscitait beaucoup d’espoirs. Malgré des succès indéniables, il a fallu tempérer quelque peu ces attentes, car la réalité s’avère plus complexe que ne l’avaient imaginé les biologistes et les médecins. Mais qu’est-ce que la thérapie génique ?
L’absence ou la structure défectueuse d’un gène peut altérer la composition des protéines produites par les cellules. Ce défaut est alors à l’origine de certaines maladies, héréditaires (mucoviscidose, myopathie) ou non (cancer). L’idée de la thérapie génique est qu’il suffirait d’introduire un gène sain dans les cellules défectueuses pour corriger ou compenser la production anormale de protéines. Contrairement à un médicament qui agit sur l’activité des protéines et les fonctions cellulaires, la thérapie génique cherche à intervenir à la source des dysfonctionnements.
Une façon d’insérer un gène sain dans un organisme malade consiste à l’introduire d’abord dans des monocytes, des cellules sanguines de la famille des leucocytes (globules blancs) qui évoluent en macrophages, puis à les injecter dans la circulation sanguine. Des tentatives de ce type ont été menées pour traiter certains cancers, mais leur efficacité repose en partie sur le nombre de monocytes porteurs du gène curatif qui parviennent à pénétrer dans la tumeur. En général, ce nombre est malheureusement faible.

Attraction magnétique vers la tumeur

Claire Lewis et Munitta Muthana, chercheuses à l’université de Sheffield, ont eu, avec leurs collègues, une idée géniale. Comme elles l’expliquent dans la revue *Gene Therapy*, elles ont injecté des nanoparticules magnétiques dans des monocytes. Cela peut paraître surprenant, mais de telles particules sont présentes dans certaines bactéries et sont parfaitement bien tolérées par ces organismes vivants.
Après avoir réussi à introduire ces nanoparticules dans les monocytes, puis à injecter ces derniers à des souris malades, les chercheurs ont utilisé des champs magnétiques pour attirer les cellules traitées vers les tumeurs. Ils ont alors constaté que la quantité de monocytes porteurs de la thérapie génique ayant pénétré dans les tumeurs avait augmenté.
Claire Lewis estime que cette nouvelle technique présente un grand potentiel en thérapie génique, et pas seulement pour le cancer. Elle cite par exemple les problèmes d’arthrose ou d’ischémie myocardique entraînant des troubles cardiaques.

// Partager